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GÉRARD BAILLOUD,
refondateur du néolithique européen
de Paris à Carnac, itinéraire d'un néolithicien hors pair

conférence donnée le 15 octobre 2015 par PHILIPPE SOULIER, 
Ingénieur de recherche au CNRS UMR 7041, ArScAn   
Ethnologie préhistorique, Maison René Ginouvès (Nanterre)



Gérard Bailloud est né à Paris le 4 décembre 1919 et décédé à Carnac le 30 août 2010.

      Après un Bac philo, il s'inscrit en licence d'Histoire et au certificat d'Ethnologie de l'université de Paris où il peut suivre quelques cours sur la Préhistoire.
      A la fin des années trente, « chômeur intellectuel », il est affecté à la Photothèque du Musée de l'Homme où il restera quatorze ans. Il profite de la bibliothèque du musée pour lire de manière exhaustive les ouvrages traitant de la Préhistoire.
      En 1946, il participe à une première fouille dirigée par André Leroi-Gourhan à la grotte du Cheval à Arcy-sur-Cure dans l'Yonne. C'est un chantier majeur pour Gérard Bailloud en tant qu'adjoint direct d'André Leroi-Gourhan. Les gravures pariétales de la grotte font l'objet de sa première publication dans un bulletin de la Société Préhistorique Française.
      Les fouilles des années suivantes, à Auvernier en Suisse, à la grotte Saint-Romain en Côte d'Or, et à Armeau dans l'Yonne, décident de sa vocation de néolithicien et lui donnent le goût pour l'étude de la céramique.
      Il adhère à la Société Préhistorique Française et écrit un article « l'art paléolithique dans l'art de France ».
Suivent d'autres chantiers en région parisienne.
      Il complète ses connaissances sur le Néolithique en bibliothèque. Sa première compilation, « Les civilisations néolithiques de la France dans leur contexte européen » paraît en 1955. Son approche est résolument culturelle.
      En 1960, paraît un ouvrage collectif de Gérard Bailloud, Jean Arnal et Raymond Riquet : « Les styles céramiques du Néolithique français » abondamment illustré.
      Proposition d'aller en Afrique. Sa première mission se passe au Tchad où il travaille d'arrache-pied pendant deux campagnes de deux mois.
       La reconnaissance arrive en 1958 avec le CNRS.
      Il mène alors une double carrière entre l'Afrique et la France et de ce fait travaille énormément.
     

Ses nombreuses fouilles sur le sol français s'enchaînent : la grotte d'Artenac en Charente, l'hypogée des Mournouards dans la Marne qui fait l'office d'une publication, Basi en Corse où il rencontre Mauric

      En 1962, il soutient sa thèse « Le Néolithique dans le Bassin parisien » qui est publiée en 1964. Cet ouvrage, remanié en 1972, reste aujourd'hui fondamental.
      Il repart en Afrique. Au Maroc en 1961-1962, il participe aux fouilles de la nécropole néolithique d'El Kiffen. Au Tchad, il fait de superbes relevés gouachés conservés au Muséum d'Histoire de l'Homme.
      Il étudie les céramiques et les fresques en les mettant en parallèle. Ses dessins sont reproduits sur des timbres.
   Voyage en Éthiopie en 1963-1964 sur les pas de l'abbé Breuil pour étudier l'art rupestre de la région du Harar.
      Pendant ses retours en France, il s'occupe de ses archives sans publier. Un colloque est donné en son honneur à Narbonne en 1970.
      Il poursuit les fouilles tout en étant enseignant chercheur à Paris 1. Nous mesurons combien sa vie est bien remplie.


Le Champ Tortue .77 Emerainville.
Grâce à son investissement, la Société Préhistorique Française devient une société performante.
En 1985, il prend sa retraite à Paris puis à Carnac où il s'installe définitivement . Il passe son temps entre lecture et écriture. Il échange avec les jeunes chercheurs.
Il donne une conférence sur Zacharie Le Rouzic au musée de Préhistoire à Carnac. Il se consacre d'ailleurs à la mise en valeur des archives de Zacharie Le Rouzic, le grand-père de son épouse Mauricette Jacq. Il publie des articles sur les céramiques armoricaines.
Il s'intéresse au breton parlé et écrit et s'investit pour la Bretagne.
En 1985, il édite « Le Néolithique dans le Bassin parisien » vingt ans après la première édition.En 1986, un hommage général lui est rendu par Jean-Paul Demoule et Jean Guilaine

Nouvelle synthèse sur la Picardie.

En 1994 a lieu un colloque : « La culture de Cerny, nouvelle économie, nouvelle société ».
En 1997, thèse sur le Tchad, l'art rupestre.
En 2011, la Société Préhistorique Française consacre un bulletin spécial à Gérard Bailloud.

Un homme d'une grande capacité de travail, animé par la soif de la connaissance, remaniant toujours ses théories pour aller vers plus de précision, Gérard Bailloud qui a mis en place les bases du Néolithique pour l'ensemble de l'Europe est toujours une référence pour les chercheurs d'aujourd'hui. À nous de poursuivre son œuvre. Des collections et des séries sont en cours.

Pour plus d'informations :

- Le bulletin n° 3 de la Société Préhistorique Française, année 2011, sous la direction de Claude Constantin, Daniel Mordant et Philippe Soulier.
– « In memoriam Gérard Bailloud », texte de Claude Constantin, n°27 de la Revue archéologique de l'Ouest, année 2010.


Gérard Bailloud devant le dolmen de Mané Carnaplaye, à St Philibert. Photo Serge Cassen


CEREMONIE DU 15 OCTOBRE

En préalable à la conférence de P.Soulier en hommage à G.Bailloud, le 15 octobre dernier, une cérémonie organisée par la municipalité s'est tenue sur le site de l'ancien musée .Ces photos de Michel Rialain évoquent ce moment fort, à l'initiative duquel les Amis du Musée ont pris toute leur part;par ailleurs,vous trouverez le texte et les illustrations fournis par E.Vigier pour la fabrication du panneau-mémoire désormais installé rue du Tumulus,en un lieu que bon nombre de Carnacois d'aujourd'hui ont redécouvert avec intérêt,et qui doit demeurer à jamais dans la mémoire collective....Rappelons que le bâtiment a « survécu » dix ans au déménagement du musée dans ses locaux actuels, avant dêtre détruit en 1995....

Il est nécessaire que d'autres initiatives soient prises à l'avenir pour perpétuer la mémoire de ceux qui ont sauvé notre inestimable patrimoine mégalithique de l'oubli,ou de la destruction ; Zacharie Le Rouzic, enfant du pays, mérite bien de voir son nom figurer sur un mur de la ville !....

Olivier Lepick,Maire de Carnac, Emmanuelle Vigier, directrice du Musée,
et Gwénaëlle Wilhelm, arrière petite fille de Zacharie le Rouzic.


Elus, représentants d'associations, adhérents des Amis du Musée, simples citoyens, tous avaient
répondu présents à l'invitation de la mairie

Elus, représentants d'association, adhérents des Amis du Musée
simples citoyens, tous avaient répondu présents à l'invitation de la mairie


Le site de la rue du Tumulus tel qu'il apparaît aujourd'hui, réhabilité,mis en valeur.



ANCIEN MUSEE MILN-LE ROUZIC

Vous vous tenez sur le seuil de l’ancien musée de Carnac. Fondé en 1882, il a accueilli les visiteurs jusqu’en 1984, date à laquelle il est transféré dans l’ancien presbytère.
Le musée doit son existence à deux personnages, James Miln et Zacharie Le Rouzic, qui voulurent conserver et présenter sur place, au plus près de leur lieu de découverte, les objets archéologiques issus des monuments mégalithiques de la région. L’importance des collections du musée reflète la densité des sites archéologiques locaux et le rôle moteur de ses fondateurs en matière de recherche et de protection des monuments.
Façade de l’ancien Musée Miln-Le Rouzic, en 1929. Salle d’exposition de l’ancien musée.


Façade de l'ancien Musée Miln-Le Rouzic en 1929

Salle d’exposition de l’ancien musée.

Carnacois en costumes se faisant « tirer le portrait » par Z. Le Rouzic dans l’ancien musée;
 Lieu identitaire, ce dernier sert de cadre aux événements marquants de la vie familiale ou sociale.musée.
James Miln de Woodhill (1819-1881) a parcouru le monde avant de s’installer à Carnac. Passionné d’« antiquités », il entend comparer les mégalithes carnacois à ceux de son Écosse natale. De 1873 jusqu’à sa mort, il mène des fouilles archéologiques dans la région, notamment sur les Alignements de Kermario, au pied du Tumulus Saint-Michel et sur une dizaine d’autres monuments mégalithiques.

Dès 1875, une présentation sommaire des objets trouvés lors des fouilles occupe sa chambre à l’Hôtel des Voyageurs, dans le bourg de Carnac, avant de rejoindre une salle de la mairie. Un an après sa mort, son frère Robert Miln fait construire le musée et fait don du bâtiment et des collections à la Ville de Carnac.

Enfant du pays, Zacharie Le Rouzic (1864-1939) quitte l’école à l’âge de dix ans pour accompagner James Miln dans ses explorations. Nommé gardien du Musée Miln dès 1882, il en sera conservateur de 1910 jusqu’à sa mort.
Cet autodidacte d’origine modeste accomplit une œuvre titanesque de recherche et de protection des monuments mégalithiques. Il étudie, restaure et fait classer près de 130 sites de la région. À Carnac, il mène des fouilles d’envergure au Tumulus Saint-Michel, sur les Alignements de Kermario (Tertre du Manio 2) ou encore sur l’enceinte du Lizo.
En 1926, soucieux de la survie de ses collections dans le temps, il en fait don à la Ville de Carnac et obtient leur classement aux Monuments Historiques en 1928. Grâce à son action, le musée de Carnac devient une institution de référence pour le Néolithique et le mégalithisme.